samedi, 21 novembre 2009
SORTIE DE TERRE BRÛLANTE
Sortie de terre brûlante. Vous trouverez le roman dans toutes les bonnes librairies, FNAC, Amazon etc.. sur commande.
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mardi, 20 octobre 2009
La petite graine et le vent (enfants)
Dessin Mathilde Puget
La petite graine et le vent
Aujourd’hui, le vent s'est levé grognon.
Il a secoué les plumes du polochon,
Alors, tout rouge, il a éternué.
Une graine de soleil s'est envolée,
Très haut dans le bleu du ciel.
En chantant, elle a fait une ronde,
Pour visiter le vaste monde.
Enfin, fatiguée, elle s'est posée
Dans le petit cœur doré
Des fleurs de mon jardin.
Nicole Tourneur
07:58 Publié dans Poésie (enfants) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, gunten, edition du bout de la rue
jeudi, 10 septembre 2009
à lire "c'est pas grand chose mais...
Pendant le mois de septembre, les éditions GUNTEN vous proposent de vous procurer "Terre Brûlante" à un prix préférentiel soit 15 euros au lieu de17. Vous le recevrez chez vous (chèque encaissé lors de l'expédition). Offre valable jusqu'au 25/09, après, vous pourrez le commander dans toutes les bonnes librairies. Lien pour le bon de commande :
http://nicoletourneur.blogspirit.com/archive/200...
Extraits : http://nicoletourneur.blogspirit.com/archive/2009/07/03/t...
- Avec l'autorisation de Michel Siegwart, directeur des éditions, lisez "C'est pas grand-chose, mais", nouvelle extraite de mon recueil "les fenêtres" publié en 2002 aux éditions Gunten : http://nicoletourneur.blogspirit.com/archive/2009/07/31/n...
Bonne journée
06:45 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, terre brûlante, gunten
dimanche, 02 août 2009
Au coeur de l'arbre (bientôt l'automne)

Au cœur de l’arbre
Écorce d'argent, écailles plates.
Le tronc vidé de ses substances sucrées, l'érable est à l’image de l’être dépourvu d’âme. Majestueux sur l’azur, il étale sa couronne à trente mètres au-dessus du sol moussu. Là-haut, à l’orée des cieux, une main rude fouille sa chevelure mordorée. La main taille, blesse l'arbre qui gémit et pleure des feuilles miellées. Au contact de la terre, elles se tachent d'éclaboussures, brunes comme la peau tavelée d’un vieillard.
Et l'érable soupire, le temps s'enfuit trop vite.
Déjà, l'hiver le déshabille, le met à nu. Ses branches se couvrent de givre et de fleurs de neige. Dans la froidure de l’automne, l’érable grelotte en languissant le printemps qui l’habillera de tendres bourgeons.
06:50 Publié dans Textes divers et nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, gunten, mexique, ophélie
samedi, 01 août 2009
Les trois millénaires... théâtre
Les trois Millénaires
1000
Onze coups sonnent à la cloche de l’église. Onze coups qui préparent les gens au passage à l’an 1000. Par la petite fenêtre à barreaux, une voix caverneuse clame :
- La fin du monde approche. Bonnes gens, priez pour le salut de votre âme !
La cellule de moine baigne dans un halo pâle de lune. Sur la paillasse, un homme est allongé, il se lève et va s’agenouiller sur le prie-dieu. Sa tête, posée dans ses mains, s’offre comme une offrande au Seigneur du Monde.
Un coup sonne à la cloche de l’église. Il est vingt trois heures quinze, dans quarante cinq minutes, l’an 999 de notre ère aura fini son cycle. La voix caverneuse repasse :
- La fin du monde approche. Bonnes gens, priez pour le salut de votre âme !
L’homme se lève, d’un mouvement brusque, il rejette la capuche qui dissimule son visage. C’est Robert le Pieux. Il a été excommunié et les lieux de culte du royaume ont été fermés sur ordre du Pape. L’effroi grimace sur la face livide du Roi qui déambule nerveusement à travers la pièce en se lamentant :
- Seigneur, que faire ? Mes sujets sont indifférents au drame qui se déroule aux portes du royaume. Ils ignorent tout du calendrier. Heureux les Simples d’esprit, s’ils savaient ! l’Apocalypse de Saint-Jean a prédit : Quand les mille ans seront écoulés, Satan, sera relâché de sa prison. Et il sortira séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour la guerre ; leur nombre est comme le sable dans la mer… ».
Prier, il faut prier. Robert le Pieux s’agenouille à nouveau, il appuie son front sur ses poings fermés, alors commence sa lente litanie :
- Notre père qui êtes aux cieux… Seigneur, si seulement vous pouviez descendre pour me réconforter, je vous vénèrerai bien plus ! Que votre nom soit sanctifié. Que votre règne arrive. Le mien commence à peine et le Pape, votre serviteur m’a excommunié. Pour inceste ! Il parait que c’est un péché d’épouser sa cousine, cependant, nos liens, entre Berthe et moi, remontent au quatrième degré ! J’ai beaucoup d’estime pour Suzanne, ma première épouse, mais à cinquante ans, on ne procrée plus, que pouvais-je faire sinon la répudier ? Notez que nous nous sommes séparés d’un commun accord et en bons termes.
Le roi sursaute, il se redresse précipitamment et remarque :
- Berthe ne m’a pas donné d’héritiers, serait-elle stérile ? Mais non puisqu’elle a eu cinq enfants de son défunt mari ! c’est étrange. Il doit bien avoir une explication logique à ce phénomène. M’aurait-elle trompée ? Ô Seigneur, soupire-t-il en s’agenouillant. Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-moi aujourd’hui mon pain quotidien.
Robert observe le crucifix placé au-dessus de son crâne :
- C’est la formule consacrée car, de ce côté Mon Dieu, je n’ai rien à vous reprocher, vous m’avez plutôt bien loti. Pardonnez-moi mes offenses comme je pardonne à ceux qui m’ont offensé… Ô Dieu Tout Puissant, Être de bonté et de compassion, ouvrez vos églises à mon peuple, autorisez-lui à recevoir les saints sacrements. Protégez-moi de la tentation…
Deux coups sonnent à la cloche de l’église, il est vingt-trois heures trente. La voix caverneuse délaie son même discours : La fin du monde approche. Bonnes gens, priez pour le salut de votre âme !
Robert s’est assis sur lit pour réfléchir :
- Si je me sépare de Berthe, aurai-je votre pardon Seigneur ? Il faut une descendance à mon royaume, ma généalogie ne peut pas s’arrêter pour une erreur d’interprétation. Peut-être pourriez-vous l’expliquer à votre représentant de la terre : le Pape !
Couché sur la planche, Robert le pieux murmure : Mais délivrez-moi du mal. Ainsi soit-il ! Et il s’endort !
Il n’a pas entendu les douze coups qui le portait vers le nouveau millénaire, Robert ronfle.
Robert se réveille étonné : L’an 1000 est passé, ceci est de bon augure. Un signe de Dieu ! Allons de ce pas répudier Berthe et organiser mes futures épousailles avec Constance de Provence, une alliance avec le Sud ne serait pas pour me déplaire. (Il se tourne vers le public) D’ailleurs, Rosala ne devrait pas tarder à casser sa pipe ! (il se lève et part en courant.
An 2000
Décor dépouillé, un bureau, une chaise, un ordinateur devant lequel se trouve un homme ou une femme. Et voix off.
Voix off : Alors Monsieur Bogue, que nous réserve le passage à l’an 2000 ?
L’acteur (trice) qui n’écoute pas : Merde. Il faut pourtant que j’arrive à régler cette horloge, nous sommes à J-2 heures et je n’ai pas encore trouvé la solution. Si je me plante, je peux dire adieu à ma prime de fin d’année. Il est pas bête le patron, cette prime il ne la verse qu’en janvier. Des fois qu’il puisse économiser quelques sous…. Y’a un truc que je n’ai pas essayé et qui pourrait fonctionner… voyons, voyons…
L’acteur pianote à toute allure.
Voix off, celle de l’invité : On peut envisager les choses sous divers angles mais le plus probable est que le 31 décembre 2000 ne soit pas reconnu par les ordinateurs. Ceci peut être l’une des conséquences de l’année bissextile. Un exemple : si le système ne calcule pas correctement la date, le 366ème jour ne sera pas pris en compte et l’horloge passera au 1er janvier 2001 sans aucune hésitation.
L’acteur : Je sens qu’ça vient… Si j’arrive à mes fins, bingo, « soupère loterie » (chantonné avec accent espagnol). Mais si je me plante… Le chef m’accusera de terrorisme au sein de la boîte. Pensez, je n’ai pas accepté leurs logiciels vendus à des prix prohibitifs. Est-ce que L’Est et l’Asie se dotent de tous ces trucs ? NON ! Pourtant, ils ne sont pas plus cons que nous ces braves gens ! (Il continue à farfouiller l’ordinateur sans s’occuper de la radio).
Voix off du présentateur : Alors que faut-il faire ?
Voix off de l’invité : Notre société a posé le problème dès la fin des années 90, elle a anticipé le phénomène et vous pouvez trouver parmi notre large gamme de produits, celui qui vous mettra à l’abri du fameux bug.
Voix off du présentateur : D’accord, mais ces logiciels sont très onéreux. Toutes les entreprises n’ont pas les moyens de les acheter.
L’acteur hurle : J-15 minutes, j’y suis, j’y suis. J’y RESTE !!!
Voix off de l’invité offusqué : Il faut savoir ce que l’on veut : mégoter aujourd’hui risque de coûter des milliers d’euros dans 10 ou 20 ans…. Et que dire….
L’acteur éteint la radio pour attendre le passage à l’an 2000, il est anxieux. Soudain la pendule du dehors sonne 12 coups, l’homme saute de joie : Ouais, c’est bon, et sans dépenser un radis ! Hip ! Hip ! Hip ! Hourra. (Il embrasse l’écran de son ordinateur en lui chantant) Bonne année, bonne santé, de la joie pour toute l’année !
Il sort de la pièce en farandolant.
AN 3000
Peu de décors, un ou deux arbres (ou ombres projetées sur un rideau). Fond sombre….
Voix off : Vous aimeriez connaître le troisième millénaire ? Pas d’bol ! Vous ne le verrez jamais. Les hommes n’existent plus, ils se sont entretués il y a bientôt 400 ans… Les guerres chimiques se sont développées, elles ont eu raison de la race humaine. Avant de mourir, les rescapés des attaques précédentes ont disséminé des bombes atomiques sur toute la planète et ils les ont faites exploser. Pas de survivants… La terre est morte, brûlée vive par ses enfants… (La voix sanglote) Plus rien, plus personne ! Je suis seul au fond de mon bunker, les vivres s’épuisent, déjà les bougies manquent et …. (Hurlement - plus rien).
Des cafards (acteurs recouverts d’un tissu noir avec des antennes) avancent sur la scène en riant ironiquement, ils traînent à leur suite un pantalon, une chemise (enfin ce que vous voulez).
Le rideau se baisse.
Nicole Tourneur
07:35 Publié dans Textes divers et nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, gunten
samedi, 13 juin 2009
Paroles en direct sur TVFIL 78
Catherine, la journaliste de TVFIL 78, m'a reçu sur le plateau le 11 juin 2009, si vous souhaitez visionner l'interview cliquez sur le lien ci-dessous :
13:02 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, tvfil78, gunten, édition du bout de la rue
jeudi, 20 novembre 2008
Jocelyne R ou comment parler de l'obésité autrement
Jocelyne R.
- La parole est à l’accusation.
L’avocat se dresse, imposant dans sa robe noire en alpaga et revers de satin, son épitoge court élégamment sur son épaule gauche et son rabat en coton immaculé est soigneusement amidonné. Ses cheveux permanentés s’arrêtent à la naissance de la nuque. Dans un mouvement théâtral, il relève ses manches, dévoilant des boutons de manchettes en or et ses ongles manucurés. Un doigt accusateur en direction de la prévenue, l’avocat commence sa plaidoirie :
- Mesdames et messieurs les jurés, nous sommes réunis dans ce tribunal pour juger cette femme, sur le banc des accusés. Car cette femme, mesdames et messieurs les jurés, est coupable du péché de gourmandise. La plaignante est cette chaise, se radoucit-il en s’inclinant cérémonieusement devant sa cliente. Depuis que Jocelyne R. a grossi, elle n'en supporte plus le poids. Ses pieds se décollent, son assise flanche. Percluse d’arthrose, elle branle dangereusement manquant se briser à chaque seconde. La défense arguera que le poids est un problème contre lequel on ne peut lutter.
L’avocat en colère fronce les sourcils, l’assemblée retient son souffle, une mouche vrille, elle devrait se poser, l’instant est crucial.
- Ce sont des fadaises, des galimatias destinées à vous tromper ! reprend l’avocat en vociférant.
Son regard noir dévisage un à un les jurés, qui, terrorisés, se tortillent confusément sur leur siège.
Si Jocelyne R. n’était pas si apeurée, ce réquisitoire la divertirait car il grandiloquent, du théâtre de génie, mais, sur son banc, elle tremble.
- Regardez attentivement la plaignante, continue l’avocat sur un ton paisible, constatez la fragilité de ses membres. Je vous l’affirme : ma cliente est au bout du rouleau ! On le serait à moins ricane-t-il suivi par la salle hilare. En conséquence, je requière pour Jocelyne R. la peine maximale, soit trois ans de diète dans un institut spécialisé, assorti d’une interdiction d’approche de ma cliente.
L’avocat déambule de long en large, il réfléchit, relève à nouveau ses manches et reprend :
- Dans cette affaire, la victime ne doit pas être délaissée. Les assauts répétés de Jocelyne R. ont rendu sa santé précaire, aussi je sollicite une restauration par un maître compagnon dans les plus brefs délais. À présent, je laisse la parole à ma collègue de la défense.
Sagement assise les mains sur les genoux, Jocelyne R. détaille les lames de parquets, plusieurs sont vermoulues, ou disjointes, les milliers de jugements ont glissé des morceaux de papiers dans les fentes. La salle d’audience est poussiéreuse, elle sent le renfermé, les banquettes sont inconfortables. Un nouveau tribunal est en construction mais le chantier a pris du retard après le scandale, promptement étouffé du reste, provoqué par une histoire de pots de vin compromettant les notables de la région.
Jocelyne R. est gloutonne, elle en convient, c’est pour cette raison qu’elle n’ose pas affronter la désapprobation qu’elle ne manquerait pas de lire dans le public. Son visage est une boule de gomme écarlate, ses phalanges potelées sont des bergamotes et son corps est une barbe à papa enroulée dans un tissu à fleurs duquel émergent deux pains dorés montés sur des talons. Ses dents sont du sucre candi blanc et ses cheveux ont la couleur du caramel. En résumé, Jocelyne R. est une confiserie, une hyper glycémie ambulante. Pour en souffrir au quotidien, elle connaît le racisme généré par sa corpulence. Ça te va bien, lui répète sa collègue à taille de guêpe, moi, c’est pas pareil, je ne suis pas faite pour les kilos !
L’attention de Jocelyne R. s’évade. Elle a six ans et elle reçoit des mains de son père sa première guimauve, le souvenir est profondément ancré dans sa mémoire car c’était aux funérailles de sa mère. Tiens c’est pour toi, a-t-il dit en tendant la friandise. Et Jocelyne a tiré sur la pâte molle et verte, elle l’a triturée, la modelée, ses doigts sont devenus collants, son père a ri.
Jocelyne R. renifle, ils étaient deux à l’enterrement de sa maman : son père et elle. Fillette malingre, elle mastiqua la pâte molle en suivant le corbillard, elle la termina au moment où les fossoyeurs jetaient les premières pelletées d’humus sur le cercueil en pin, les cailloux rebondirent avec un bruit de bâton de pluie. Son père pleurait à chaudes larmes, les yeux secs, Jocelyne R. lui avait pressé les doigts, je suis là, papa l’avait-t-elle consolé. Alors, il l’avait prise dans ses bras et ils étaient rentrés chez eux enlacés. Après, ils déménagèrent dans le Sud.
Jocelyne R. sourit. Finalement son adolescence est passée comme une lettre à la poste. Elle a connu des garçons, beaucoup ont traversé sa vie en courant d’air, elle ne s’en souvient pas, ou ne veut pas s’en souvenir.
La voix du juge la rappelle à l’ordre. Maître, claironne-t-il en s’adressant à l’avocat de la défense, qu'avez-vous à dire en faveur de la prévenue ?
Jocelyne R. s’intéresse moyennement aux débats, elle a le sentiment qu’ils ne la concernent pas. Et si c’était une autre que l’on jugeait ?
Une jeune femme blonde et mince se poste au centre du prétoire, sa voix est douce mais ferme, elle domine son sujet.
- Mesdames et messieurs les jurés. Oui Jocelyne R. est gourmande, oui elle aime le sucre mais est-ce interdit par la loi ? Vous-mêmes ne dégustez-vous jamais glaces, gâteaux et sucreries ? Face aux kilos, nous sommes inégaux. Ma cliente n’a pas toujours eu cette taille d’hippopotame, remontons le temps, voulez-vous, disons trente ans en arrière quand elle pesait cinquante-cinq kilos de moins… oui de moins !
Un murmure consterné parcourt l’assemblée. Comment cela a-t-il pu arriver ? Personne ne s’attendait à une telle révélation, l’avocate savoure son effet.
Les paupières closes, Jocelyne R. se repose. Il y eut le décès du père, la vente de la maison pour payer les dettes, le chômage et les privations. Les mille-feuilles et les éclairs au chocolat, elle les dévorait à travers la vitrine de la boulangerie, les cars en sac et les nounours chocolatés fondaient dans la bouche de ses camarades de classe, pas dans la sienne. Les larmes lui montent aux yeux, c’est quand on a rien qu’on a envie de tout, marmonne-t-elle en se mouchant bruyamment. L’avocate pose une main amicale sur son épaule
- À vingt ans, elle pesait quarante-huit kilos pour un mètre soixante-six, reprend l’avocate. En 1975, Jocelyne rencontre Norbert. Coup de foudre, amour immédiat. Un amour absolu que convoiteraient bien des couples ! Depuis lors, Norbert comble son épouse de douceurs, rien n’est trop bon pour elle, s’attendrit l’avocate.
Norbert. Jocelyne R. l’a connu à la fête foraine du village. Elle rêvassait au bord du manège en observant sa copine qui gesticulait dans l’auto tamponneuse pour draguer les mecs, Norbert s’est approché, il lui a tendu une guimauve semblable à celle de son enfance, elle s’en est délectée longuement, ses doigts ont poissé, Norbert a éclaté de rire et ils ne se sont plus jamais séparés. Il faudra qu’elle lui dise de ne plus la gâter autant, ce n’est pas bien, la preuve, elle a des problèmes. Des problèmes pour avoir apprécié les aliments goûteux. C’est décidé, elle va parler à Norbert. Plus tard !
Jocelyne R. est ragaillardie, tout va s’arranger. À présent, elle boit le plaidoyer de son avocate exténuée.
- NON ! Jocelyne R. n’est pas une coupable, elle est la victime innocente de notre société de consommation et de ceux qui la composent, du pâtissier au publicitaire de bonbons, en passant par la restauration rapide. Je ne parlerai pas des changements physiologiques tels que ménopause et les divers aléas dus à l’âge, nous déborderions du contexte. Mesdames et messieurs les jurés, pendant quelques secondes, mettez-vous à la place de Jocelyne R.. Quand vos yeux la condamnent, que le dégoût et le persiflage provoqués par son embonpoint la pourchassent, dites-vous : Et si c’était moi ? Maintenant intéressons-nous à la plaignante : une chaise de quatre-vingt-dix ans. De noble lignages selon ses dires pusiqu'elle revendique une descendance royale. Permettez-moi de m’étonner, si j’ai bonne mémoire, Louis XIX n’a jamais existé. Un dérapage en rapport avec son âge canonique volontiers pardonné, raille l’avocate. Je pose une question : conserve-t-on in vitam æternam sa vitalité ? Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme a dit Antoine Lavoisier. J’ajouterai : même les chaises ! Doit-on condamner Jocelyne R sous le prétexte fallacieux qu’elle est corpulente ? Au moment de rendre votre verdict, répondez à cette question : l’obésité est-elle un crime ? Mesdames et messieurs les jurés, j’ai foi en votre objectivité, je vous demande d’acquitter purement et simplement Jocelyne R.
Les jurés se sont retirés pour délibérer, laissons-les discuter. Et vous lecteurs, qu’en pensez-vous : coupable ou non coupable ?
10:26 Publié dans Textes divers et nouvelles | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, gunten, obésité, tourneur, nicole, edition du bout de la rue, avocat
vendredi, 21 mars 2008
PASSE COMPLIQUE
4e de couverture :
De passé compliqué en futur pas toujours simple, Nicole nous fait voyager avec son style, son talent toujours plus généreux. (Elle offre, paraît-il ses droits d’auteur à son éditeur nécessiteux)
Il a les couleurs de la vie qu’elle veut belle à tout prix.
Dans ce nouvel ouvrage, elle raconte la désunion d’une famille, la double vie d’un père recherché après son décès par ses enfants, deux garçons, pour qui le mot « père » ne représente que souffrance.
Le trouveront-ils, le retrouveront-ils ?
Avec Nicole rien n’est jamais terne ni noir, mais toujours poétique, irisé et juste. Les mots viennent du cœur et adoucissent ses images, ses observations et ses personnages.
A parcourir de l’âme...
EXTRAIT :
Au fond du funérarium, le cercueil clos disparaissait sous les couronnes, elles dispensaient leurs messages en lettres d'or sur des rubans chatoyants : "à notre père", "à mon frère bien aimé" "regrets éternels". Les employés des Pompes Funèbres se déplaçaient à pas feutrés, leurs ombres infiltraient les tapis usés, tout avait été mis en œuvre pour amortir les sons et apaiser les peines. Lorsque les parents, les amis se rencontraient, la joie jaillissait spontanément pour se muer immédiatement en une moue affligée.
Paquet cadeau sans nœud, la boîte plombée avait été rapatriée trois jours auparavant, par transport aérien spécial, accompagnée des condoléances du consul de France au Maroc. En la voyant débarquer de l'avion, Thibaut ne put réprimer un sanglotement et une contraction nerveuse convulsa son squelette. Depuis, le cercueil l'hypnotisait, l'attirait comme un gouffre, il aurait voulu en détourner son attention mais c'était impossible. Une question l'obsédait : le père était-il réellement mort ? Et si un brave et vieux Marocain reposait sur le satin luisant. C'est ça, Joseph avait négocié un retour en "convoi privé". Caché derrière les doubles rideaux, il espionnait qui pleurait, qui riait, mémorisant consciencieusement les noms pour mieux se venger ensuite. A la fin de la cérémonie, satisfait de sa blague, il bondirait, en clamant : "je vous ai bien eus, hein ?". A bien y réfléchir, c'était tout à fait son genre d'humour. Plus tard, on raconterait dans les chaumières : "Vous connaissez la dernière de Joseph Maisonneuve ?".....
09:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maroc, lyon, nicole tourneur, gunten
mardi, 18 mars 2008
Ma dent - (enfant)
Pour Clément, Tom, Antoine, Clara, Casilde, Benoît, Oscar et Prune, mes petits-enfants....
Ma dent
La porte a claqué,
Le fil s'est cassé,
Ma dent est tombée.
Je l'ai ramassée
Et je l'ai glissée
Sous mon oreiller.
La souris passera,
Elle m'apportera :
Un bout de nougat,
De la barbe à papa,
Une pomme du canada,
Des pièces en chocolat.
Nicole Tourneur
17:00 Publié dans Poésie (enfants) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, poésie, écriture, gunten
dimanche, 16 mars 2008
Poussière d'étoiles - (enfant)
Poussière d'étoiles
La nuit étend,
Sur le jour exténué,
Une écharpe brodée
En fils d'argent.
Un zoo fabuleux
Peuple la voûte céleste.
Il y a Bernard,
Le Renard,
Gaston
Le dragon,
Justin
Le dauphin,
Gontran
Le serpent.
L'aigle
Royal
Le loup
Des steppes
Le capricorne
Doré.
Où sont les demoiselles ?
Elles sont parties
Très loin d'ici.
Et dans la voie lactée,
Partout sur notre planète,
Le rire des enfants reflète
L'univers étoilé.
Nicole TOURNEUR
13:25 Publié dans Poésie (enfants) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, poésie, écriture, gunten














