vendredi, 06 novembre 2009
SORTIE DE TERRE BRÛLANTE
Sortie de terre brûlante. Vous trouverez le roman dans toutes les bonnes librairies, FNAC, Amazon etc.. sur commande.
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samedi, 31 octobre 2009
Prochaines dédicaces

Une rue à Balhil au Maroc, à quelques kilomètre de Fez.
À l'occasion de la sortie de mon roman "Terre brûlante" prévue en septembre, voici quelques dates de dédicaces.
- 07/11 : chez Gruin Fleurs au Mesnil St Denis. Idée originale, je vous assure que les livres sont très bien au milieu des fleurs.
- 21/11/2009 : Bernard Delattre me recevra dans les locaux des Nouvelles à Rambouillet de 16 à 18 heures..
- 24/11/2009 : Jean Lou me recevra au café de la Mairie, place Saint Sulpice à 20 H 30.
- 5 décembre : Pavé du Canal à Montigny le Brx
Dans la ligne de mire : Maurepas, Versailles dates à confirmer en fonction de mon état de santé.
11:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 14 juin 2009
LE LAMA VERT FAIT SON BONHOMME DE CHEMIN
http://www.editionduboutdelarue.fr/catalogue/jeunesse/lam...
Le lama vert qui n'avait pas d'oreilles a la côte auprès des enfants. N'hésitez pas à l'acheter. Chez l'éditeur (lien ci-dessus) et dans toutes les bonnes librairies. Détail dans la présentation de mes ouvrages.
Illustrations de Jean Luc PION....
Jean-Luc est également auteur illustrateur. http://www.chamamuse.com/

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vendredi, 21 mars 2008
PASSE COMPLIQUE
4e de couverture :
De passé compliqué en futur pas toujours simple, Nicole nous fait voyager avec son style, son talent toujours plus généreux. (Elle offre, paraît-il ses droits d’auteur à son éditeur nécessiteux)
Il a les couleurs de la vie qu’elle veut belle à tout prix.
Dans ce nouvel ouvrage, elle raconte la désunion d’une famille, la double vie d’un père recherché après son décès par ses enfants, deux garçons, pour qui le mot « père » ne représente que souffrance.
Le trouveront-ils, le retrouveront-ils ?
Avec Nicole rien n’est jamais terne ni noir, mais toujours poétique, irisé et juste. Les mots viennent du cœur et adoucissent ses images, ses observations et ses personnages.
A parcourir de l’âme...
EXTRAIT :
Au fond du funérarium, le cercueil clos disparaissait sous les couronnes, elles dispensaient leurs messages en lettres d'or sur des rubans chatoyants : "à notre père", "à mon frère bien aimé" "regrets éternels". Les employés des Pompes Funèbres se déplaçaient à pas feutrés, leurs ombres infiltraient les tapis usés, tout avait été mis en œuvre pour amortir les sons et apaiser les peines. Lorsque les parents, les amis se rencontraient, la joie jaillissait spontanément pour se muer immédiatement en une moue affligée.
Paquet cadeau sans nœud, la boîte plombée avait été rapatriée trois jours auparavant, par transport aérien spécial, accompagnée des condoléances du consul de France au Maroc. En la voyant débarquer de l'avion, Thibaut ne put réprimer un sanglotement et une contraction nerveuse convulsa son squelette. Depuis, le cercueil l'hypnotisait, l'attirait comme un gouffre, il aurait voulu en détourner son attention mais c'était impossible. Une question l'obsédait : le père était-il réellement mort ? Et si un brave et vieux Marocain reposait sur le satin luisant. C'est ça, Joseph avait négocié un retour en "convoi privé". Caché derrière les doubles rideaux, il espionnait qui pleurait, qui riait, mémorisant consciencieusement les noms pour mieux se venger ensuite. A la fin de la cérémonie, satisfait de sa blague, il bondirait, en clamant : "je vous ai bien eus, hein ?". A bien y réfléchir, c'était tout à fait son genre d'humour. Plus tard, on raconterait dans les chaumières : "Vous connaissez la dernière de Joseph Maisonneuve ?".....
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samedi, 15 mars 2008
LES DIEUX SONT SERVIS
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Ce qu'en pense la presse :
Nicole TOURNEUR : « Les Dieux sont servis ». Roman (Gunten, Dole)
C’est vrai que les Dieux sont servis, dans ce roman douloureux d’une déchéance. Auparavant, David et Justine avaient tout pour être heureux. Mais cette Justine est un cas. Elle ne veut pas d’enfant : bon ; mais veut-elle seulement l’amour , la vie à deux ? Exit David.
Justine est seule avec elle-même, avec ses fantasmes, avec ce Gaspard mythique qui n’est après tout qu’une bestiole, avec Lili, la hantise en mé-moire, avec son appartement-foutoir, avec sa vie-foutoir, avec des rêves de fausse-grossesse. Avec le souvenir d’Ulysse, le berger grec, marin, aventu-rier, sage à ses heures, fou à d’autres. Que la mère de Justine n’y comprenne rien, cela se conçoit. Un tel écheveau d’existence ne peut que la dérouter.
Tout cela ne peut, ne pourra que finir en tragédie.
Ce qui me paraît exemplaire dans ce roman, c’est l’originalité du style : un vrai style, réaliste, teinté d’humour noir, peut-être aussi de pitié.
Un style et un souffle. Reste à se tourner vers la réalité : la vie farfelue de Justine désaxée, déjantée, cela existe. Justine avait des envies d’écrire un roman : heureusement que Nicole Tourneur a pris le porte-plume !
Henri HEINEMANN
Revue « Le Cerf-Volant », n° 204, 3e trimestre
Voir également Lelitteraire.com
EXTRAIT :
L’explosion est proche. Brusquement, un flot de paroles ininterrompu asperge Justine de postillons. Hors de lui, David menace. Il écume, il gesticule cocassement. En d’autres circonstances, elle s’en amuserait mais pas là. Elle ne le reconnaît plus, il est blême, un filet de salive coule au coin de sa bouche et la colère teinte de noir ses iris verts. La fureur de David paralyse Justine qui se recroqueville inconsciemment dans son fauteuil. Les cris lui provoquent ce repliement involontaire depuis que le voisin a matraqué son chat à coup de barre de fer. Tapie derrière la haie, la fillette avait suivi la scène. L'homme bastonnait sans répit. Rythmant ses mouvements par des hurlements hystériques, il s’acharnait sur la fourrure rousse et blanche. Puis, la cadence des coups s’était intensifiée et des gouttes sanglantes avaient éclaboussé le bâton, exacerbant la folie meurtrière de l'homme. Le massacre avait duré une éternité. Une fois calmé, le voisin était rentré chez lui abandonnant sur l’herbe la dépouille informe de l’animal. C’est impossible, s’était horrifiée la mère, on ne tue pas une bête par pure méchanceté. Pourquoi pas, avait répliqué le père, on extermine bien des enfants.
Justine n’eut plus jamais de chat !
Des larmes amères inondent son visage, pour un instant, elle oublie la crise mais David la rappelle :
- Tu l’as cherché, gronde-t-il la mâchoire crispée, j’ai bon caractère mais cette fois, tu as dépassé les bornes du supportable. Je m’casse !
La porte et les battants de la fenêtre claquent. Un courant d’air apathique retrousse les rideaux en organdi qui retombent mollement sur le carrelage en froufroutant. Au vacarme coléreux, succède une accalmie taciturne.
- C'est ça, tire-toi ! c'est mieux comme ça, claironne Justine que ce départ libère.
David n'a pas entendu. Dommage. Cela aurait mis un terme à leurs rapports presque conjugaux. Au fond d’elle-même, elle sait qu’il est parti avec des remords plein le cœur. Des remords qui fertilisent la culpabilité.
Il y a des jours comme celui-ci qui démarrent dans l’euphorie et se terminent en catastrophe.
En se pesant le matin, Justine nota qu’elle avait maigri de deux cents grammes, cela peut paraître anecdotique, en revanche, quand on est en surpoids, le moral apprécie. Ensuite, un soleil timoré s’infiltra, entre deux averses, par les vitres barbouillées de condensation et bassina ses pieds. Sous l’effet de cette tiédeur bienfaisante, elle déploya ses membres endoloris qui craquèrent de contentement. C’est alors que David poussa délicatement la porte et vint caler le plateau du petit déjeuner sur les genoux de Justine. Elle déteste manger dans son lit. Les miettes de pain maculent la moquette, l’incrustent sauvagement ; les odeurs de brioche grillée et de lait chaud s’insinuent entre les fibres satinées des coussins pour les restituer au souper. Les rais lénifiants du soleil décampèrent instantanément à l’instar de sa bonne humeur. Le désastre aurait pu s’arrêter ici, le sort en décida autrement.
Dans une revue, au demeurant très sérieuse, Justine a lu récemment que le hasard n’existerait pas. Les évènements s’enchaîneraient grâce ou du fait de nos réactions, de nos souhaits ou de nos sensibilités. En résumé, nous serions les maîtres de notre destin. Est-ce exact ? face à de pareilles allégations, Justine reste perplexe. Toujours est-il que ce matin-là le hasard amena comme un cheveu sur la soupe : Dis, si on se mariait ?
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vendredi, 15 juin 2007
LES FENÊTRES
Recueil de 13 nouvelles...
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EXTRAIT : C'est pas grand-chose mais...
Le balai approche inexorablement des charentaises, il va attaquer, Michel le sait. La voix de Martine précède le manche :
- Tu veux bien pousser tes chaussons ? Juste deux minutes pas plus, il y a des minous sous ton siège. Je vais en profiter pour vider le cendrier.
Sa femme se penche pour attraper un bout de fil qui s'est coincé sous le pied du fauteuil, son coccyx pointe comme une tête de chat vue de derrière. Méticuleusement, elle essuie le carrelage, soulève ensuite le chiffon et admire, émerveillée, les milliers de pathogènes qui le maculent. En souriant, elle remarque:
- Tu vois, c'est pas grand chose, mais c'est déjà plus propre.
Cinquante cinq ans de "c'est pas grand-chose, mais c'est déjà plus propre", combien d'années encore à subir ?
Au début, Michel n'y a pas prêté attention : l'amour, la nouveauté... En se mariant, il est passé brutalement de l'adolescence à l'âge adulte. Puis, les enfants sont venus, à tour de rôle, quatre fois de suite. Il a fallu mettre les bouchées doubles pour nourrir ce petit monde, alors, il a accepté les heures supplémentaires, les déplacements. Bref, sa rencontre avec le balai n'a eu lieu que le jour de sa mise à la retraite ; depuis, ils se croisent matin, midi et soir au hasard des miettes, des jours de pluie, des chaussures boueuses ! c'est devenu une habitude. Lorsque Martine oublie son ménage, Michel se surprend à penser "peut-être que le balai est mort", et il éclate de rire.
Chacun son truc, elle aime le nettoyage, lui préfère le bricolage, enfin ! la terminaison est identique, ce n'est qu'une question "d'âge".
Quand ce n'est pas le balai, c'est l'encaustique et les patins ! L'odeur tenace de la cire d'abeille, enrichie à l'essence de térébenthine s'il vous plait, incruste les meubles, les sinus, "ça sent le propre ! murmure Martine avec satisfaction". Sans un mot, Michel observe sa femme, il se demande comment elle peut se satisfaire d'activités aussi mesquines, pourtant elle semble très épanouie. Mais lui, que connaît-il de ses désirs à elle, de ses frustrations ? Martine veut oublier l'habitude, la solitude et les non-dits, son intérieur scintille pour enrichir son existence. Comme un tic, elle ponctue ses gestes par "c'est pas grand-chose, mais c'est déjà plus propre".
Dans son atelier du bout du jardin, Michel invente puis fabrique des meubles en chêne et des jouets en pin. Lui aussi encaustique, mais différemment. Il caresse le bois, le nourrit, lui parle, ses sens s'imprègnent de la sève ambrée. La poussière, présente en permanence, recouvre de son fin duvet les étagères, les outils ; le bois encombre le sol de ses serpentins ; de temps en temps, Michel les ramasse, les entasse dans un grand sac poubelle qu'il évacue quand il y pense. La musique projette ses airs de salsa jusqu'à l'autre côté de la pelouse, là où, de sa fenêtre, Martine espionne son voisin de mari dans le silence de l'ennui. A aucun moment, il ne partage son espace vital, elle, si !
Toute l'année, le mardi, l'emploi du temps du couple est immuable, il ne varie jamais. Quand l'aube se fond dans le jour, Michel enfourche son vélo et se rend au village pour faire "le" ravitaillement. C'est un prétexte, les commerçants passent régulièrement. Martine sait que son mari va se promener, histoire de rencontrer d'autres têtes, d'autres sourires ; il a besoin de ces contacts hebdomadaires, ils lui renvoient une image d'homme vivant. Lorsqu'il passe dans la rue principale, on le salue :
- Alors Michel, comment va la santé ? Et Titine, toujours aussi sauvage ? Moi, je m'embêterais dans ce trou, je ne sais pas comment vous faites pour habiter un endroit pareil ! Et comment vont les gosses, ils viennent bientôt ? Tout de même, c'est pas une vie ça, eux à Paris, vous ici !
Michel sourit, chaque semaine, il explique les enfants, les petits-enfants, ils ont leur vie, elle n'est pas compatible avec la sienne, mais ils s'appellent souvent. Heureusement qu'il y a le téléphone. Ah ! quand il était jeune, c'était différent, il fallait se déplacer. Il se souvient : il fonçait sur les chemins poussiéreux, à grands coups de pédalier, pour rejoindre Martine. Les montées, les descentes, aucune importance, les roues de la bicyclette avaient des ailes. Il revoit la jeune fille brune, pas très grande, légèrement rondouillarde, c'était la mode "à l'époque". Avec sa robe en vichy et son chapeau de paille sur la tête, elle était si jolie !
Pendant ce temps, Martine s'accorde un bref repos : elle pose enfin son balai ! confortablement installée sur le canapé, elle entreprend les mots croisés de son magazine. A onze heures quarante cinq précises, elle prépare le déjeuner, étale la toile cirée sur la table de la cuisine et met le couvert. Ensuite, elle attend ! Et les mois continuent de s'écouler sans surprise.
Un jour, Michel appelle sa femme :
- Viens voir, j'ai terminé ton armoire. Chez un ébéniste, tu l'aurais payée les yeux de la tête ! Je peux dire que j'en ai bavé, tout est chevillé, mortaisé, tenonné, tu ne trouveras pas une vis, pas un clou. Suis crevé, il faut encore que je nettoie l'atelier.
Admirative, Martine ouvre les portes, inspecte, renifle ; déjà, elle organise la disposition du linge, des papiers. Dans le grand tiroir du bas, elle rangera les photos de ses enfants et de la famille. En rêvant, elle effleure le bois, tiens là, il reste des aspérités, surtout ne rien dire, passer un coup de ponçage après, plus tard, quand Michel sera en vadrouille. Attendrie, un élan d'amour la pousse vers l'homme qui a exécuté, pour elle seule, une armoire de "jadis". Elle l'embrasse rapidement sur la joue et dit :
- Laisse, je le ferai demain.
- Interdiction formelle de toucher à mes outils, c'est mon problème. Contente-toi de vider la maison ! Est-ce que je viens t'enquiquiner quand tu passes la serpillière ? D'ailleurs, il faut que je bétonne le sol, ce sera plus facile à entretenir.
- Bon, j'y toucherai pas, mais ne crie pas, je t'en supplie.
Martine déteste les confrontations, elle les esquive comme on fuit la maladie. Elle préfère se retrancher dans son "monde" intérieur, il ignore les disputes et sait digérer l'amertume.
Le mardi suivant, elle modifie légèrement la routine : en se levant, elle a décidé de nettoyer l'antre de l'ours ! Chargée de son balai, sa pelle, son torchon, son produit à lustrer, elle fonce dans le capharnaüm "du bout du jardin" ; elle écouvillonne, frotte, balaie, décape les carreaux, le soleil entre tout à fait. Après deux bonnes heures d'ardeur au travail, elle s'arrête satisfaite : on pourrait presque y pique-niquer. Dès le retour de Michel, Martine n'y tient plus :
- Viens voir, j'ai une surprise pour toi !
Fièrement, elle tire son mari en direction de l'atelier. Inquiet, il bégaie, rougit puis rugit ; les sacs, qu'il tenait à la main, s'éventrent sur la terre battue. Et les mots se déversent dans un flot de bile, ils inondent l'air, le brûle. Michel gesticule dans tous les sens. Interdite, Martine l'observe. Soudain, deux mains qu'elle ne reconnaît pas lui serrent le cou, elle n'oppose aucune résistance ; progressivement, la femme se noie dans la fureur du regard de l'autre ! comment s'appelle-t-il au fait ? Elle ne sait plus, ses pensées s'engourdissent et son souffle s'éteint.
Michel relâche son étreinte, le corps s'effondre comme une marionnette de chiffon. Alors, il creuse un trou, dépose méticuleusement sa femme, ferraille le tout avant de couler le béton. Il aplanit la chape, en vérifie la pente avec le niveau. Sans bruit, le soir est arrivé. Michel, exténué, inspecte son travail une dernière fois, il s'accroupit, se penche, sourit et dit :
- Tu vois, c'est pas grand-chose, mais c'est déjà plus propre !
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LAURIE OU LE SOUFFLE DU PAPILLON
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EXTRAIT :
- Si tu souffres, c'est pour racheter les péchés des humains, tu comprends ? Et aussi pour que les autres enfants n'aient pas mal. Dieu t'envoie cette épreuve et tu dois en être fière parce qu’il t’a choisie, toi, murmure doucement la bonne sœur en me caressant la joue. Nous allons dire un "Je vous salue Marie", toutes les deux, tu répéteras derrière moi. « Je vous salue Marie, pleine de grâce... »
Je m'aventure à questionner :
- C'est qui Marie ?
- Tu ne connais pas la Vierge Marie ? Mon Dieu !
Elle lève les yeux au ciel, joint les mains, prie doucement puis répond :
- La Vierge Marie est la maman de Jésus le fils de Dieu, Notre Père à tous. Tu dois apprendre à la prier. Allez, répète après moi "je vous salue Marie, pleine de grâce...".
Je m'exécute en souriant sans bien saisir. C’est tout ce que je sais faire : sourire. Répliquer ? protester ? je n'ai jamais su. La sœur penche sur moi son faciès dévoré par la cornette. Une face de lune avec, au milieu, une montagne : le nez.. Le tissu blanc encadre le front et le bas du menton étrangle le cou ; au final, il déborde largement dans le vide. Mes yeux avalent la grosse croix de bois qui pend à son cou. Je l'écoute parler de ce Dieu. Il veut que je souffre ? Ah bon ? Si elle le dit, c'est que cela doit être vrai. Mais moi, je ne connais pas Dieu. Maman m'a bien montré un petit Jésus en sucre rose que l'on met chaque année dans la crèche pour Noël et que l'on mange en janvier, mais Dieu ?..
Je suis à l'hôpital intercommunal de Créteil, le ventre en fleur parce que j'ai été opérée de l'appendicite et j'ai sept ans. Je suffoque et chaque toussotement me torture. Si ce Dieu a voulu que je rachète les péchés des autres et bien il a mis le paquet, les méchants peuvent être tranquilles. Bref, je ne réalise pas encore la chance que j’ai d’être une Elue...
La salle commune est immense, les peintures vert clair, délavées par la lumière du jour, sont austères. Un univers hétérogène peuple les lits : des hommes, des femmes, des enfants, impossible de dormir. La mère supérieure et les sœurs circulent entre les chariots dans un froissement de tissu immaculé en chuchotant ; elles ne tournent jamais la tête, seul le buste pivote. Combien y a-t-il de patients ? Je ne compte pas mais ils sont nombreux. Ma couchette se trouve près de la porte, une aubaine. Une odeur fétide flotte dans la salle, l'éther et l'alcool ne suffisent plus à la masquer. Toutes ces haleines souillées par les traitements ou les maladies alourdissent l'atmosphère que l'on ne peut renouveler - les fenêtres, très hautes, ne s'ouvrent pas. Interdiction de se lever, les agrafes brûlent la cicatrice et je respire difficilement avec le sourire.
Les talons de maman résonnent sur le carrelage, elle s’assied à mes pieds. Tout en coiffant mes cheveux aussi raides que des baguettes de tambour et si fins qu'ils ne tiennent pas, elle me glisse à l'oreille :
- Bientôt, tu seras guérie. On m'a parlé d'un vaccin, le vaccin de tortue, il a guéri des enfants plus malades que toi. Seulement, il est interdit en France, alors, chut, il ne faut pas le dire. Tu vas guérir ma petite chérie, je te le promets.
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lundi, 26 février 2007
Clara et les nuages
Les vacances d'été sont longues quand on ne sait pas quoi faire.
Clara s'ennuie de ses copains et la piscine est fermée à cause de Nestor l’alligator.
Heureusement Maman connaît les nuages...
Une façon originale d'apprendre les nuages...
19:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carine, album, jeunesse, cumulus, nicole tourneur, édition du bout de la rue, clara
Les péripéties d'Antoine - le vaccin
Antoine habite dans une ferme où il y a beaucoup d'animaux.
D'habitude, il est très heureux sauf aujourd'hui… On doit lui faire son rappel de vaccin et Antoine n'aime pas, mais alors pas du tout les petites piqûres.
Il décide de ne pas se laisser faire…
Album éducatif et ludique
Voir dans les liens ce qu'en pense la presse.
19:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livre, nicole tourneur, jeunesse, vaccin, docteur, serge mogère
Girouette la chouette
4e de couverture :
Girouette est rêveuse, sa cousine lui a dit : "À Paris, il y a une ambiance à t'ébouriffer le plumage. On s'éclate ! Tu viens quand tu veux..."
Girouette la petite chouette aimerait bien voyager.
Quittera-t-elle sa campagne pour aller vivre dans la capitale ?
Album éducatif et ludique
19:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livre, album, jeunesse, carine, nicole tourneur, édition du bout de la rue, chouette













