dimanche, 01 novembre 2009

2 novembre - Fêtes des Morts

jour-des-morts-mexique-t8752.jpg2 Novembre, fête des Morts

 

Issue d´une ancienne tradition indienne, la fête des Morts est célébrée dans tout le Mexique. Le Mexicain parle de la mort en plaisantant, il la défie. Pour lui, c´est une épreuve qu´il faut savoir accepter, un parcourt que l´on ne peut éviter, c'est également l'ultime libération.

 

Au Mexique, la Mort porte une multitude de noms : la chauve – la calvitie – l'osseuse – madame carcasse -  la maigre – la blanche – la pleureuse – la fidèle fiancée  – la saupoudreuse – l'égaliseuse – l'amère – l'endeuillée etc. Dans le même esprit, de nombreuses expressions imagent le fait de mourir : la mort l'a appelé – la rivière l'a emporté – le sac d'os est venu pour lui – la tête de mort lui a cassé les dents – la pâle l'a embrassé. Etc.,

 

A cette période de l'année, on trouve squelettes, cercueils, crânes. Vous pouvez déguster de délicieuses têtes de mort en sucre et en chocolat, des brioches fourrées de pralines roses et décorées avec des os. En quoi, je vous le donne en mille ? En brioche bien sûr !

 

La fête des Morts est un moment privilégié, elle représente la visite annuelle de la parentèle à leurs disparus. Les tombes sont nettoyées, repeintes et fleuries. Les autels illuminés croulent sous les offrandes et les objets personnels des défunts - dont les photos trônent en bonne place – sont exhibés. Dans les foyers, les femmes cuisinent du matin au soir, les hommes font le plein de boissons. Depuis le seuil des maisons, un sentier en pétales de cempaxuchitl jaunes (gros œillet d’inde) guide les âmes jusqu’à leur demeure terrestre.

 

L'instant suprême commence le 2 novembre à partir de 16 heures. Les cloches sonnent à tous vents, elles se tairont le lendemain matin, au lever du soleil. Des quatre points cardinaux, hommes, femmes, enfants, les bras chargés de fleurs et de cierges, forment une procession chantante qui se hâte vers le cimetière. Les stèles luisent de mille flammes  qui dansent timidement au gré de la brise, alors, chacun dépose son aumône. Et l’on chante, on danse, on boit, on mange. On célèbre la vie !

 

À l’aube, les bougies s´effondrent sur les aliments, les vivants regagnent leur logis, ils sont heureux : les Âmes sont venues et elles ont aimé les présents.

 

Quelques prières :

Saint Jeronimo de Dieu, tu as été envoyé pour libérer les âmes qui sont en péché.

 

Louons les âmes de tant de peine à la Vierge Pure de la Solitude.

Au pied de la croix, nous voyons la Mère Sans son fils parce qu'il  est déjà mort.

Petite Mère, nous passons pour les âmes bénies.

 

Quelques textes sur la mort :

Mourir, dormir

 

Mon fils, pour se reposer, il faut dormir, ne pas penser, ne pas entendre, ne pas rêver.

Mère, pour se reposer il faut mourir (Manuel Machado – Espagnol)

 

La rivière passe sans jamais s´arrêter,

Le vent passe sans jamais cesser,

La vie passe sans jamais revenir,

(Chant anonyme préhispanique)

 

 

 

 

lundi, 21 septembre 2009

La Virgen de la guadalupe

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La Virgen de la Guadalupe

Fête le 12 décembre

 

Décembre 1531.  Juan Diego gravit la colline de Tepeyac située non loin du temple dédié à Tonantzin, la mère des Dieux. C'est la saison sèche, le temps est clément, le ciel d’une pureté émouvante. La terre est poudreuse, rien ne pousse sur ce versant cuit par le soleil, la poussière plombe les herbes desséchées. Mais c’est égal, Juan Diego aime monter au sommet.

 

Juan Diego songe. Sa vie a bien changé depuis la conquête du Mexique par les Espagnols, plus rien n'est pareil. Secondés par le fer des conquistadors, les prêtres évangélisent à tour de bras. Mais bien que baptisé, Juan Diego reste secrètement fidèle à ses anciennes croyances.

 

Il en est là de ses réflexions lorsqu’une voix douce l’appelle. Devant lui, une femme  flotte dans l'espace, elle a les traits d'une Indienne, sa peau est brune. Elle ressemble à la Vierge que les Espagnols ont apportée d'Espagne, Juan Diego l’a vue dans leur camp durant le siège de Tenochtitán.  Juan Diego recule craintivement.

 

Saisi d’effroi, l’Indien attend, les yeux baissés, peut-être craint-il de se brûler les pupilles au contact de la sainte apparition. Enfin, la Vierge lui parle, à lui l'Indien. Elle dit qu’elle l’a choisi pour accomplir une mission : aller trouver l’Archevêque pour lui ordonner d’édifier une chapelle à cet endroit précis, un sanctuaire dans lequel les fidèles se recueilleraient et la prieraient. Juan Diego s’étonne timidement : « Pourquoi la Sainte Mère ne s’adresse-t-elle pas directement à l’intéressé ? ». Il sait qu’on n’écoutera pas un Indien. Il veut argumenter mais la Vierge disparait sans répondre.

 

Encore sous le coup de l’émotion, Juan Diego se présente à la porte de l’Archevêque Zumaraga à Mexico et face à un auditoire ironique, il raconte sa vision, on le moque, on le traite d’affabulateur, de mécréant puis on le jette dehors sans ménagement.  

 

Le lendemain, Juan Diego retourne sur la colline. Il a d’abord hésité, mais un sentiment très fort l’a poussé à vaincre ses appréhensions, et puis il veut savoir. Savoir s’il a rêvé ! La Vierge est là, toujours aussi inaccessible et belle. Elle réitère sa demande, Juan Diego murmure « personne ne me croit ».

 

Trois jours de suite, Juan Diego grimpera, trois jours de suite, il roulottera le bord de son sombrero en  s’excusant gauchement. Il entend bien mais il est impuissant, répète-t-il. À chaque fois, la Madone Brune sourit avant de s’évanouir mystérieusement, pourtant au troisième jour, elle promet un signe.  

 

Au quatrième jour, comme promis, la vierge fait éclore des roses sur la terre déshéritée. Elle commande au berger de les cueillir, de les envelopper dans sa cape en fibres de cactus, puis de les apporter à l’Evêque. Juan Diego s'exécute. Lorsqu'il déroule la tilma[i] sur le sol carrelé de l’évêché, l'image de la Vierge brune y est imprimée.

 

Ainsi est née l’histoire de la Vierge de la Guadalupe. La cape miraculeuse est conservée dans la Basilique. Depuis toutes ces années, ses coloris sont restés intacts. À la suite de la révélation, les conversions se sont multipliées à un rythme effréné.

 

LA BASILIQUE DE LA GUADALUPE

Au fil du temps, le sanctuaire devint trop petit. L'architecte Pedro Ramírez Vásquez fut chargé de la construction de la basilique. Vingt mois furent nécessaires à l'édification de ses quelques 11 000 m2. L'inauguration eut lieu le 12 octobre 1976.

 

L’édifice  peut contenir 10 000 pèlerins et jusqu’à 20 000 lorsque les portes sont ouvertes. Le parvis est le prétexte à la reconstitution de la passion du Christ, des Indiens emplumés se battent contre des conquistadors imberbes. Les croyances se mélangent, parfois au détour d’une ronde, un Christ fraternise avec un prêtre Aztèque.

Nicole Tourneur

 



[i] Sorte de cape en fibre de cactus. Elle s’accrochait avec un cordelette autour du cou.

vendredi, 07 août 2009

La migration des Monarques

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LE MONARQUE

Course pour la survie

Ici, je vous fais partager ce que j’ai aimé, et ce sanctuaire est quelque chose de vraiment prodigieux, toutefois je précise que je ne suis pas une spécialiste. Merci pour votre indulgence.

Tout près de Zitacuaro dans l’Etat du Michoacán, se trouve le sanctuaire d’Angangueo. De janvier à avril, le site bruisse des battements soyeux d’ailes de  papillons. Arbres alourdis de bouquets bruyants, édifices fragiles et vibrants, espace semé de gros flocons colorés. Aucune expression n’est assez puissante pour décrire la magie qui s’offre au regard des visiteurs. Nous sommes au pays des monarques !

            Ce lépidoptère est apparu il y a quelques 345 millions d’années. En nahuatl[i], papillon se dit papalotl, ce qui a donné naissance au mot papalote : cerf-volant ou vol de papier ?

            Les monarques investissent les pins, les cours d’eau, les pierres, la mousse et les humains. Les yeux rivés au sol de crainte de les écraser, vous balayez d’un revers de main délicat les audacieux qui, insouciant du danger, s’arrêtent sous votre semelle.

Phénomène naturel, il semble qu’une force magnétique attire  les monarques dans des lieux très précis. Des chercheurs ont démontré que la plupart des sanctuaires se situe dans des zones de grande activité magnétique. Cependant, ces migrations sont mystérieuses.

À la fin de l’été, avant l’arrivée du froid, les monarques quittent le Canada et les États-Unis pour le Mexique. Depuis des millions d’années, guidées par leur instinct, des générations de parents, d’enfants, de petits-enfants effectuent cette « transhumance ». Les cinq mille kilomètres qui séparent les sanctuaires ne se font pas d’une traite, le corps de ces petits insectes n’y résisteraient pas, alors les colonies font de courtes haltes, la vitesse de croisière est de 15 à 45 kilomètres/heure. Combien de morts en chemin ?

Une fois à destination,  les monarques harassés s’accrochent aux branches, le temps d’un printemps, ils prennent un repos bien mérité. Profitant du climat tempéré de la région, les mâles ragaillardis fécondent les femelles.  Puis, sans qu’un seul coup de sifflet n’ait été donné, ils repartent en direction du Nord. En chemin, les femelles pondent leurs œufs, ainsi nait la deuxième génération, en juillet, vient  la troisième génération, en août la quatrième et parfois la cinquième. Ces générations commencent leur envol pour le Mexique en septembre. 

            Les monarques s'orientent grâce à 3 systèmes : selon la position du soleil, de la lumière, et des forces magnétiques. A l'aide de leurs yeux, ils reconnaissent les différentes heures du jour ; ils perçoivent également la lumière solaire polarisée. Ensuite, leurs antennes prennent le relais, elles adressent un signal en direction de "l'organe JOHNSTON (également nommé caisse magique), ce dernier fait suivre le message aux ailes qui se mettent immédiatement en mouvement. En résumé, le papillon est un radar miniature.

            Si vous passez par Zitacuaro, arrêtez-vous, le spectacle est fabuleux. Au fait, avez-vous remarqué que les ailes déployées des papillons ressemblent à des poumons ? C'est pour cette raison que j'ai intitulé mon premier roman "Laurie ou le souffle du papillon".

Un conte est attaché à ce phénomène, je dois le traduire.monarque4.jpg



[i] Langue des Aztèques