dimanche, 14 juin 2009
LE LAMA VERT FAIT SON BONHOMME DE CHEMIN
http://www.editionduboutdelarue.fr/catalogue/jeunesse/lam...
Le lama vert qui n'avait pas d'oreilles a la côte auprès des enfants. N'hésitez pas à l'acheter. Chez l'éditeur (lien ci-dessus) et dans toutes les bonnes librairies. Détail dans la présentation de mes ouvrages.
Illustrations de Jean Luc PION....
Jean-Luc est également auteur illustrateur. http://www.chamamuse.com/

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samedi, 13 juin 2009
Paroles en direct sur TVFIL 78
Catherine, la journaliste de TVFIL 78, m'a reçu sur le plateau le 11 juin 2009, si vous souhaitez visionner l'interview cliquez sur le lien ci-dessous :
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mercredi, 10 juin 2009
Nous avons tous un demain qui vient
Que sera demain ?
Le réveil marque cinq heures. Elle bascule ses jambes d’un seul mouvement dans le vide, lentement pour ne pas accentuer la douleur qui persécute son squelette en permanence. Un éclair fulgurant traverse ses hanches, elle réprime un cri en serrant les dents. Ses pieds maigres fouillent le tapis à la recherche des chaussons, elle s’enveloppe dans une liseuse tricotée à points ajourés en laine mohair comme il n’en existe plus de nos jours. Sa petite-fille la moque parfois « mamie, on dirait la grand-mère du Petit Chaperon Rouge ». Elle sourit, son regard s’illumine.
Dans l’immeuble, tout est calme, le monde dort. Chaque dimanche, elle se lève quand la lueur famélique des réverbères éclaire les rues silencieuses, quand la Lune n’a pas encore bâillé et que le soleil joue à cache-cache avec les arbres. Elle tape l’oreiller, rabat la couette sur le drap sans le tirer, l’effort martyrise ses poignets, ses mains déformées, elle les frictionne. Elle déjeune frugalement, il y a belle lurette qu’elle ne traîne plus à table et puis le dimanche, la nourriture se bloque au niveau de la gorge. Elle se douche longuement, l’eau tiède ravive ses chairs usées qui plissent au coude. Ses joues sont flétries mais ses yeux ont conservé leur beauté turquoise. Elle est très vieille à présent, toutefois, en excluant ses douleurs, elle a l’œil vif et la démarche alerte.
Elle enfile sa robe coquelicot, elle trouve que la couleur ne sied pas à une femme de son âge, cependant c’est la préférée de son époux. Elle se demande d’ailleurs si ce n’est pas grâce à ce vêtement qu’il la reconnaît, il s’attache aux choses, pas aux gens. Et si elle changeait ? Juste une fois pour voir. Non ! Pas aujourd’hui, à la prochaine visite. Peut-être. Elle se parfume légèrement parce qu’elle est persuadée d’exsuder la mort. Tu as vraiment de drôles d’idées maman, s’irrite son fils, tu sens bon, je t’assure ». Mais elle sait, elle, que ses mois sont comptés.
Elle ferme la porte à clef, descend au rez-de-chaussée par l’escalier, l’exercice dérouille ses articulations. Le taxi l’attend déjà, elle pose son cabas sur la banquette arrière et s’installe à côté du chauffeur. Pendant les trente kilomètres qui la séparent de la maison de retraite où vit son mari, elle parle. De tout, de rien, du climat qui est devenu fou. À son époque, il y avait de vrais hivers, de vrais étés. En mai, on faisait réellement ce qui nous plaisait. Elle déteste l’euro, il a fait grimper les prix en flèche et amputé leur maigre pension. L’avenir de ses petits-enfants l’inquiète : la crise, la mondialisation et toutes ces horreurs perpétrées un peu partout sur la planète n’augurent rien de bon.
Le chauffeur l’écoute sans l’interrompre, il aime bien la vieille dame. Sagement assise les paumes sur les cuisses, le dos collé au dossier, elle est menue, à peine plus grande qu’une gamine de douze ans. II s’enquiert de la santé de son époux, elle hausse les épaules, il n’y a aucune amélioration, au contraire. Le chauffeur n’insiste pas, depuis qu’il la transporte, une question le taraude : comment sera-t-il plus tard ? Il dépose sa cliente devant le hall d’entrée, « à dimanche prochain » lance-t-elle dans le vent.
Elle entre sans bruit dans la chambre de son époux, il mange une compote. Entre deux cuillérées, il tire la langue, elle détourne le regard, elle ne le reconnaît plus. Ce n’est pas Maxime qui est assis dans ce lit, mais un étranger. Elle se force à sourire.
- Bonjour. Tu as passé une bonne nuit ? demande-t-elle en sortant les gourmandises et les vêtements de son sac. Je t’ai préparé une crème caramel.
- Comme celle de maman ?
- Oui comme celle de ta maman.
- Tu leur as téléphoné ?
- À qui ?
- À mes parents !
- Oui, ils vont bien, ils t’embrassent, ment-elle.
- Il faut que je parle à Édouard, j’ai une idée pour l’usine.
Madeleine ne relève pas. Édouard, ami fidèle disparu en 1987, était l’associé de son mari. Au début, lorsque Maxime commença à s’égarer, elle lui rappelait avec douceur qu’il avait quatre-vingt-deux ans, que ses parents étaient décédés depuis bientôt un quart de siècle, il hochait la tête « Je perds vraiment la boule, c’est préoccupant ». Moi aussi, c’est normal avec l’âge, le consolait-elle. En s’aggravant, la maladie détériora leur quotidien, la moindre contradiction mettait Maxime dans une rage folle, Madeleine décida de ne plus le contrarier.
Il a terminé son goûter, elle détache la serviette nouée autour de son cou, elle pousse la tablette. Maxime suit chacun de ses mouvements comme un vieux chien fatigué. Elle allume la télévision, la chambre s’anime, elle sort son tricot. Parfois les aiguilles métalliques échappent aux doigts tords qui les cramponnent, Madeleine rattrape les mailles en maugréant et le cliquetis reprend la mesure du temps.
Près de son mari, Madeleine est plus seule que jamais, elle a le sentiment d’attendre la fin. Chez elle, c’est différent, l’exaltation de la rue grimpe jusqu’à sa fenêtre. Ha ! Madame Madeleine, répète sa voisine, j’espère vous ressembler plus tard. Elle jette un regard à Maxime accaparé par « les feux de l’amour » et elle range son ouvrage.
- Je m’absente quelques secondes, lui dit-elle en caressant la pommette rose et rebondie car la santé de Maxime est florissante.
Il ne répond pas, l’a-t-il seulement écoutée ? Elle sort, fait quelques pas dans le jardin pour se ressourcer avant de retourner dans la chambre. Maxime dort paisiblement, il a recouvré sa physionomie. En l’observant, Madeleine revoit l’homme énergique et dynamique qui l’accompagna pendant soixante ans. Elle entend son rire, ses colères, sa tendresse. Elle voudrait ne jamais l’avoir vu dans cet état, être morte avant lui. Elle s’installe dans un fauteuil et s’absorbe dans la lecture d’un roman.
- Il y a longtemps que tu es arrivée Madeleine ? interroge Maxime dans un accès de lucidité.
Il s’est réveillé pendant qu’elle lisait.
- À peine dix minutes ! s’écrie-t-elle ravie de l’entendre prononcer son prénom.
À quoi bon lui dire qu’elle est là depuis quatre heures, il souffrirait inutilement.
- Les enfants vont bien ? poursuit Maxime.
- Oui, ils vont venir dans l’après-midi. Clotilde vient d’avoir un beau garçon, elle lui a donné ton prénom.
- C’est vrai ? s’exclame Maxime enchanté. Dès que je sortirai de l’hôpital, nous irons les voir.
- Bien sûr !
Il suce un carré de chocolat au lait, il ne peut plus croquer à cause de sa dentition clairsemée. Et la langue réapparaît, l’entracte est terminé. Il boude.
- Qu’as-tu ? s’inquiète Madeleine.
- On est jeudi ?
- Non, pourquoi ?
- J’ai pas envie d’aller à l’école. Tu le diras à maman ?
- Ne te tracasse pas, j’écrirai un mot d’excuse.
La porte s’ouvre sur un couple d’une trentaine d’années, accompagné d’une fillette de cinq ans. La jeune femme embrasse ses grands-parents, la fillette saute au cou de Madeleine. Maxime les regarde en fronçant les sourcils : qui sont-ils personnes ? La fillette lui prend la main et la balance.
- Tu chantes avec moi, Papounet ?
Le vieillard fredonne un air de jadis, la fillette s’énerve, elle n’a pas appris cette chanson à l’école ! Le couple et Madeleine rient. Maxime ne comprend pas.
- Il y a longtemps que tu es arrivée ? demande-t-il à son épouse.
- Non.
- Qui sont ces gens ? souffle-t-il à son oreille afin de ne pas vexer les visiteurs.
- Tes petits-enfants.
- Ha ! Et mes parents, ils sont là ?
- Ils viennent de partir.
- Je ne leur ai pas dit au revoir, j’ai dû somnoler.
- Ce n’est pas grave mon chéri, depuis le Paradis, ils te pardonnent. Bon, il est l’heure de te quitter, je reviendrai dimanche prochain.
- Dimanche, c’est demain ? fait la fillette en s’accrochant au bras de Madeleine.
- Non, c’est aujourd’hui.
- Alors demain c’est quoi ?
- Demain ? murmure Madeleine distraitement. Demain sera un jour sans fin !
Nicole Tourneur
17:50 Publié dans Textes divers et nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur
vendredi, 05 juin 2009
Les mardis littéraires de Jean Lou
Connaissez-vous le café littéraire de la place Saint Sulpice ? Non ? Mais c'est horrible ! Je vous explique. Rendez-vous de septembre à juin, le mardi à 20 h 30, au Café de la Mairie (1er étage). Des auteurs sont invités par Jean Lou Guérin, et ils échangent avec le public autour d'un verre (chacun paie sa boisson... normal !). Vous souhaitez en connaître davantage ? visitez le blog des mardis.
On ne distingue pas très bien, mais je vous l'affirme ce sont des cigognes perchées sur une colonne à Volubilis (Maroc)
11:24 Publié dans Humeur du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nicole tourneur, jean lou guérin













