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vendredi, mai 16, 2008
Le JARDIN DES QUATRE SAISONS
Et si la nature chantait ???
Jardin des quatre saisonsAutour de la maison,j’ai planté les voix des saisons. Depuis, mon jardin abrite mille oiseaux, des piafs, des rouge-gorge, des merles qui investissent les arbres et saturent l’espace de leurs gazouillis joyeux. Assourdies par ce tintamarre gracieux, les plantes fredonnent. Si, si, je vous l’assure. Quand les rayons brûlants du soleil bassinent la nature et qu’elle frissonne sous la chaleur, je l’arrose généreusement. Alors, un murmure cristallin s’élève, c’est la pelouse qui déploie voluptueusement ses brins. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter mon orchestre végétal. Nous commencerons par la fin de l’hiver.
Mesdames et messieurs les musiciens, veuillez vous nommer !
Galant Hus Nivalis.
Mais, je vous en prie
Appelez-moi Perce neige.
Je suis le LA du solfège,
La note blanche des sols ombragés,
La reine du froid et des gelées.
Timide, sans défaillance
Ma clochette se balance
De février à mars. Hélas,
Avril le cruel me chasse.
*
Je suis une Apocynacée,
Une pervenche si vous préférez.
On me dit vivace… Peut-être !
Mes feuilles s’enchevêtrent
Là où se joue la gaudriole.
Excusez-moi pour les bémols.
Souvent, on me juge futile
A cause de mes tiges stériles.
Cramponnée aux rocailles,
Je suis le Fa des broussailles.
*
Linum perenne, je suis.
Sans lin, que serait votre nuit ?
Fragile comme une chanterelle
J’accompagne le violoncelle.
Je balance mes fleurs. Mi, Mi , Mi
Au rythme du métronome. Mi, Mi, Mi.
A cinquante centimètres du sol
Elles imitent les parasols.
Bleu de ciel, roi du jardinet,
Vous me trouverez de mai à juillet
*
Vraiment, dois-je me présenter ?
Rose, vous me connaissez.
Diva des massifs et des haies,
Soprano des jardinières, je hais
Capucines et pucerons qui sont
Les couacs de la partition.
Selon ma variété, une fragrance
Légère s’évapore en abondance
Vous me plantez, me bichonnez.
Vous m’aimez, à n’en point douter !
*
Au milieu de ce tableau chatoyant,
Surgissent les chœurs d’antan.
Coquelicots, tulipes, dahlias
Lupins, Glaïeuls, camélias.
Issues de la vieille noblesse,
Il arrive qu’on nous délaisse
Mais il y a toujours un jardinier
Pour nous réveiller et nous planter.
Alors, débute un merveilleux festival,
Tout au long duquel nous offrons un récital !
*
Je vais sembler bien terne.
Bon, trêves de balivernes,
Il faut assumer les différences,
Octave inférieur sans importance,
Je m’appelle Chrysantheum indicum.
D’aucuns me surnomment
Fleur des morts. Ou des cimetières !
Je prospère avec la bruyère.
Belphégor estival, ténor de l’automne.
Mes couleurs vives barytonnent.
Comme le temps passe ! Nous avons fait le tour de mes plantations et déjà quatre saisons se sont écoulées. Toujours, elles s’évanouissent ainsi. Elles emportent dans un dernier tourbillon leur multitude de pétales colorés, abandonnant sur mon visage une ride par-ci, une ride par-là. C’est ce qu’on appelle LA VIE !
Nicole Tourneur, 2006
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17:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, nicole tourneur, roman, poeme








